19/12/2010

Ce soir, je peux pas, j’ai piscine...

La piscine est le rendez-vous bi-hebdomadaire des plongeurs du Dauphin Catalan.

Comme tous les adeptes de la piscine, on y nage. Les grands sportifs font des longueurs à toute vitesse, les petits sportifs font de leur mieux...

En long...


et encore en long.



Parce qu’on ne peut pas en large, les lignes d’eau nous en empêchent et les autres clubs ne seraient peut-être pas d’accord.

Moi, quand je fais des longueurs, en vue subjective, cela pourrait donner ça :



Vous avez remarqué ? Je ne fais pas de vague car je vais tout doucement !

Mais dans un club de plongée, la moindre des choses est d’apprendre la plongée (ou de l’enseigner pour ceux qui sont en face).

Moi, j’ai retenu qu’en piscine on remue beaucoup les palmes en surface.


Puis on se repose au fond sur les petits carreaux quand on est fatigué.

Cela ressemble à un jeu...


Tu sais faire comme ça avec la main ?


Facile, regarde, on sait le faire aussi !
Et le premier qui rira boira la tasse.

Les plongeurs en piscine ont des étoiles scintillantes dans le regard...


ou des éclairs (ça c’est le moniteur épaté parce que ses élèves sont vraiment trop bons).


Regardez, quand je fais des moulinets avec les mains, je remonte !

Et puis les plus grands apnéistes présents s’entraînent.


Celui là, cela fait dix minutes qu’il est sous l’eau ; non pas celui au-dessus, mais celui sur la photo en dessous !


Et moi ? je rêve de ma prochaine plongée en mer et je contemple les reflets dans l’eau !



Comme vous le voyez, c’est du sérieux, l’entrainement en piscine.
Alors, moi, ce soir, préparer la pizza ? Je peux pas, j’ai piscine !

François

28/11/2010

Réunion des encadrants à Narbonne

Neuf Dauphins courageux ont bravé les frimas du grand nord.
Départ au petit matin. Direction Narbonne, Brrrrrrr ...!!! Ce nom à lui tout seul fait déjà frissonner.
Rendez-vous dans un magnifique hôtel de la glaciale cité. Et à peine arrivés, PAF, la mauvaise surprise : le mail d'inscription, lui, "n'est pas arrivé" ! On craint le pire, notre repas de midi n'est pas assuré. Bref, c'est le drame.
Heureusement, Bernard Fabiani, président de la commission technique Pyrénées-Méditerranée, a réagi à la vitesse d'un barracuda en chasse et nous a sortis du pétrin.
Et en plus on a eu droit à un beau tee-shirt



Guilhem et son beau T-shirt - Passage "éclair" de Sophie

Une bonne centaine de plongeurs représentant les clubs associatifs et professionnels de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon étaient là.
Autour du café de bienvenue on a retrouvé l'ami Dadillon de Neptune Plongée et on a entrevu Gégé Puig de Réderis.
Les amis des P.O. aussi étaient de la journée : Fred Girard, Sophie et Émile représentant le CODEP66, Denis et Thomas de l'ASC nous ont accompagnés. Thierry et l'autre JR (Jean-Romain), ex-dauphins, étaient aussi de la partie. On a aussi croisé Lionel Guillemin et Marc Dumontier de l'ASUP, toujours aussi sympas.
Matinée studieuse pendant laquelle Bernard Fabiani a décortiqué le nouveau code du sport et a répondu aux nombreuses questions qui ont fusé de partout.
Tout n'est pas encore clair pour tout le monde. On a même vu des instructeurs nationaux mélanger PA1, PA2 ...
Repas très convivial avec un bon moment d'échanges.


8 Dauphins à nourrir, ce n'est pas anodin !


Et une après-midi encore plus studieuse et chargée que le matin avec la présentation par Christian Ferchaud et Hervé Villalba du nouveau MF2, une entrevue des projets du groupe de travail qui planche sur le nouveau MF1 par Joëlle Raboutou, l'évolution de la formation des initiateurs (mise en place au 1er janvier prochain), et enfin une longue présentation de l'évolution des niveaux de plongeurs présentant un handicap.



une assemblée studieuse



Joëlle Raboutou et Hervé Villalba, Instructeurs Nationaux

Bref une bonne journée très studieuse et bien remplie.

Et quand on pense que pendant ce temps François, Daniel, Fred et Catherine plongeaient à l'Estartit !!!

07/11/2010

Au cap de la Vieille

Alors que les promeneurs ramassent les coulemelles et les châtaignes dans la plaine du Roussillon, les Dauphins Catalans profitent d’une éclaircie pour mouiller leurs palmes.

Le trajet en bateau sera l’occasion de discuter de choses plus ou moins sérieuses, mais dans quelle catégorie placez-vous la plongée ?


Aujourd’hui il y aura des formations et des explorations à tous les niveaux ; Michel a la dure responsabilité de constituer les différentes palanquées.


Je me mets à l’eau, afin de m’équiper en surface ; mais... j’ai oublié mon masque ! L’assistance du bateau va promptement chercher mon masque au fond de mon sac de plongée, personne n’a rien remarqué, je m’en tire bien (sinon j’aurais été quitte pour une tournée). Je suis accompagné par Geneviève qui commence à avoir l’habitude de plonger avec un photographe, et avec Fred qui va vite découvrir le problème...

Suivant les instructions du briefing du capitaine Christian (donc seul maître à bord après Dieu), nous partons vers le large en direction du coralligène. Nous nous retrouvons rapidement sur un fond de près de 20 m. La visibilité est très moyenne, mais tellement meilleure que sur les épaves en cette saison. De nombreuses doris dalmatiennes broutent les éponges en couple.


Leurs branchies vont vite disparaître en se rétractant ; pourtant nous nous sommes approchés sans bruit.


Nous en croisons 5 ou 6, qui mesurent entre 4 et 10 cm. Nous pouvons adimirer d’autres nudibranches, mais il y a peu de poissons dans cette zone.

Cette flabelline mauve escalade une hydraire.


Une coryphelle mauve, dont les rhynophores (antennes) sont lisses contrairement à la flabelline, n’a pas le temps de se cacher à l’arrivée du paparazzi.


Sur une gorgone blanche, un petit bernard l’ermite fait des galipettes.


Un joli cérianthe se rétracte juste quand je vais l’immortaliser ! Je ne suis pas très rapide quand l’eau commence à se rafraîchir.


Geneviève me présente un planaire rose, qui se promène sur le sable. Dans le sable, il y a des milliers de minuscules coquillages.


Je me pousse un peu pour laisser passer ce joli petit ver. J’aperçois une ombre dans un trou ; je rentre innocemment la main qui tient l’appareil photo dans le trou... Je prends la photo, et ressors ma main entière (il n’y avait pas de monstre marin dans le trou).


C’était une mostelle ! Je l’indique à Geneviève et à Fred, je ne sais pas s’ils auront le temps de l’admirer avant qu’elle ne se cache plus profondément dans les anfractuosités du coralligène ; c’est ici un véritable labyrinthe dont on devine les couloirs souterrains par des ouvertures.

De jeunes castagnoles forment des bancs au-dessus de «patates» de coralligène.


Quand je les éclaire, elles se déplacent ensemble de manière parfaitement coordonnée, c’est la patrouille du cap l’Abeille !

Geneviève a un regard interrogateur... «Sait-il où il va ?». À peu près !


Oups, Geneviève a un peu bougé, la photo est floue... Fred admire calmement les moindres détails du fond avec son puissant phare.


Je prends le cap de la côte, nous y verrons peut-être un peu plus de poissons.
Nous traversons quelques langues de sable blanc, et rejoignons les reliefs proches du mouillage ; cela nous permet de continuer la plongée un peu moins profondément, sur 10 m.

Ce n’est pas un poisson que Fred me montrera.


C’est un poulpe qui rentrera un peu la tête à notre approche, histoire de montrer son peu d’enthousiasme à apparaître dans mon album photo. Un autre poulpe se cache juste à côté, c’est la roche des poulpes !

À ce moment j’aperçois un gros mérou, mais le temps de le montrer à Geneviève et à Fred, il s’est trop éloigné pour la photo souvenir.
Nous nous rapprochons encore de la côte, à l’endroit où émerge une petite île que j’ai l’intention de contourner, si nous en avons le temps.

J’aperçois un premier corb, puis tout un banc, assez peu farouche.


C’est ici que s’est réfugiée toute la faune ; voilà un joli banc de sars à tête noire.


Dans un petit trou, j’aperçois une minuscule blennie jaune. Je mets l’appareil photo en mode macro, et tente le portrait.


C’est loupé, la blennie s’est à moitié cachée dans son trou, on n’en voit qu’une partie, un seul œil ! Nous passons ce que j’appelle le «col» du cap l’Abeille ; là derrière se trouvent de nombreux trous que l’on peut traverser de part en part. Nous surprenons un gros mérou, suivi d’un autre, et avec mes gros gants de plongée, je mets un temps fou à enlever le mode macro de l’appareil...

Vous voulez voir une photo loupée d’un mérou lointain, prise en mode macro et avec flash (histoire de bien montrer les particules) ? Si c’est non, fermez les yeux et faites comme si n’aviez pas vu la photo suivante !


Mais ce n’est pas grave, nous admirons des centaines de poissons qui se sont réfugiés là, dans à peine quelques mètres d’eau.


Les plus gros sont de magnifiques sars tambours, peu farouches.


Nous arrivons sur la réserve de nos bouteilles, et devons rebrousser chemin ; nous ferons le tour de l’île une autre fois.
Un sar tambour nous accompagne un peu.


Nous faisons surface ; le bateau n’est pas loin, nous apercevons d’autres palanquées qui émergent un peu partout ! Il est temps de rentrer, avec ces belles images plein la tête.

Alors, pensez-vous comme moi que Geneviève et Fred méritent le prix de la patience pour m’avoir supporté sous l’eau ?

François

02/08/2010

Dans les brumes sous-marines

Le bateau de plongée filait rapidement sur les flots bleus, le long de la Punta de Montgo.


L'équipe de joyeux plongeurs catalans savourait d'avance le plaisir de la prochaine plongée.


Bientôt, ils se recueillaient dans une concentration psychique intense si indispensable, avant une plongée profonde...


****

Sous la surface, la lumière pénétrait sur une vingtaine de mètres, puis c'était la nuit noire et froide...
Qu'avait-il pu se passer ? Où était l'épave scintillante de lumière de mes souvenirs d'antan ?


Depuis que les plongeurs ne la visitaient plus, l'épave s'était peu à peu endormie, laissant le temps qui passe délabrer ses structures.


Le mât brisé s'était affalé sur le pont. L'avais-je vu dressé autrefois ? Peut-être pas.


Dans la brume, il ne menait nulle part...
Un gros treuil avait été abandonné, point de repère dans un brouillard de particules, entre deux cales.


Comme dans un rêve je suivais un groupe d'anthias et de quelques mendoles.


JR me suivait, à mes côtés, dessus, derrière, partout et nulle part à la fois.


Je retrouvais le même charme que lors de ces randonnées dans le brouillard où l'on savoure la solitude, où tout devient palpable, même les émotions.


Nous arrivions vers la proue, peut-être...


Là les particules semblaient se dissiper, peut-être moins de plongeurs nous y avaient précédés.


Ou peut-être m'habituais-je à l'obscurité... Que de doutes...


Pensif, JR contourna la proue, couverte d'un filet à petites mailles.
Dans ce filet, prisonnière, une belle flabelline mauve nous observait, princesse des lieux, se disant sans doute qu'un plongeur s'était encore empêtré dans son tulle.


Nous rebroussâmes alors chemin, revenant vers la poupe lentement. L'idée de continuer dans la brume, entre deux eaux, m'a tenté un instant, mais retrouverais-je l'épave ensuite ?


La base du mât était toujours là, nous étions bien encore sur la même épave, dans un univers encore rationnel.
Revoilà la machinerie qui ressemblait à un treuil.


Je me sentais bien, sur cette épave embrumée, qui n'osait pas dévoiler ses trésors à nos yeux.
Il faut certainement l'amadouer, la cajoler, avec tendresse, avec lenteur, avec amour pour qu'elle veuille se dévoiler un jour aux plongeurs de passage.

Nous devions la quitter en ne l'ayant aperçue que par fragments, notre imagination saura reconstituer ce rêve éphémère d'épave.

Après près de 20 mn dans l'obscurité, nous retrouvions la lumière presque oubliée.


Nous avions presque autant de temps pour admirer les rayons du soleil dans le grand bleu, lors de nos paliers, que pour visiter l'épave du Marmoler. Nous pouvions nous repasser à loisir en mémoire les images de cette plongée à l'ambiance si mystérieuse.


La légende raconte que pendant que je photographiais mes camarades, ceux-ci admiraient un gros poisson lune qui passait lentement dans mon dos...