08/04/2012

Poissons d’avril à Port de la Selva

Voilà le 1er avril, date idéale pour rendre visite aux petits poissons !

Deux plongées printanières sont prévues au CIPS de Port de la Selva.
Le soleil est au rendez-vous, les Dauphins Catalans se préparent sur le navire du club espagnol, l’ «immaculada».


Nous voilà sur le 1er site, la «Masa d’Or», îlot situé à la pointe Est du Cap Creus. Mais en cette saison, le site n’offre pas autant de merveilles qu’en été : les bancs de mérous et de barracudas sont absents.
Notre palanquée se prépare pour sa première plongée avec un bloc supplémentaire de nitrox pour les paliers de décompression.

Magali tourne le dos au soleil et à l’îlot.


Le président et moi-même attendons sagement que le navire se stabilise dans le fort courant.


Magali ne semble pas surprise par l’eau à 12°.


Patrick nous rejoint.


On se déhale le long d’un cordage jusqu’au mouillage. Finalement, on n’y voit pas grand chose ! Nous suivons Hervé, notre moniteur pour cette plongée de formation «nitrox confirmé»


Mais si ! Il faut ouvrir l’oeil...
Les castagnoles, faute de mérous ou de baracudas, sont très nombreuses.


Sur les fonds, les gorgones aux couleurs catalanes resplendissent.


Dans le courant, les polypes sont sortis pour se nourrir des petites bêtes. Les plongeurs n’ont rien à craindre.


Les anthias rouges se protègent du courant dans les anfractuosités, dès 20 m de fond. J’admire leurs longues nageoires transparentes.


Des bouquets d’anémones jaunes fleurissent les roches.


Nous descendons encore... Nous avons une réserve d’air enrichi supplémentaire pour nos paliers. Magali s’inquiète pour moi...


Il ne faut pas, je suis toujours comme ça, à rechercher des jolis sujets à photographier... Par exemple de jolis alcyons oranges.


Ou encore des minuscules flabellines mauves.


J’ai un faible pour les petites blennies qui se tiennent sur le palier de leur maison sous-marine.


Guilhem nous montre une murène à la porte de sa tanière ; ce joli poisson longiligne doit régulièrement ouvrir la gueule pour s’oxygéner : il ne s’agit pas d’une attitude belliqueuse.


Retournons aux petites bêtes, comme cette hervia, qui escalade la face d’une roche abritée du courant.


Une autre minuscule flabelline mauve se nettoie le pied sur une éponge.


Hervé nous signale une petite tylodine jaune, avec son chapeau chinois, qui semble avoir délaissé provisoirement ses habituelles éponges vérongias jaunes.


Mais il est temps de remonter...


On va s’essayer à un jeu très rigolo : le lancer de parachute de palier à l’aide d’un dévidoir. Cela a surtout un intérêt en pleine eau, mais nous nous entrainons le long de l’îlot, à l’abri du courant. Mais nous n’avons droit qu’à un seul essai, car on ne peut pas faire redescendre le parachute gonflé. Magali se bagarre avec le dévidoir qui lui a été prêté et qui s’est coincé ; dans ce cas là, il est plus sage de laisser le parachute dégonflé...


Nous faisons ensuite surface, en amont du bateau par rapport au courant. Nous n’avons plus qu’à nous laisser dériver pour rejoindre l’échelle de l’ «immaculada» qui nous attend.

Le trajet de retour se fait tranquillement, toujours sous le soleil. Nous avons le temps de nous changer, de discuter des différentes façons de porter le bloc supplémentaire sur le devant ou sur le côté, des dévidoirs et des parachutes, et surtout du repas qui nous attend...

Il est important de reprendre quelques calories avant la plongée de l’après-midi, quand l’eau est encore frisquette. La paella remplit bien cet office. Surtout quand elle est précédée d’une bonne assiette de moules et suivie d’une crème catalane !

*****

L’après-midi, nous rejoignons, toujours au rythme tranquille de l’ «immaculada», sur le site des Farallons. Comme le matin, le trajet est l’occasion de petits rappels théoriques et techniques plongistiques.


Notre président savoure un moment de méditation zen.


Mais le site de plongée est plus proche que celui du matin ; tout le monde est équipé ?


Notre petit groupe est le même que le matin ; Hervé nous laisse libres d’aller où nous voulons. Ce qui l’oblige à nager d’un groupe de deux plongeurs à l’autre.

Pour cette plongée, j’ai fixé le bloc supplémentaire sur mon côté droit, ce qui me permet de m’approcher plus facilement du fond pour les photos. Je m’attarde comme souvent sur les petites bêtes...

Combien voyez vous de doris dalmatiennes sur cette photo ?


Et combien y a-t-il de planaires roses ici ?


Et là, combien comptez-vous de flabellines mauves ?


Je vous donnerai la solution à la fin de ce petit article !

Je montre une belle godive orange à Magali ; elle est superbe.



Mais dès que nous nous attardons un peu, le reste de la palanquée disparaît... On joue à cache cache ?

Dans les failles, on retrouve les mêmes jolis anthias admirés ce matin.


On trouve aussi de belles «branches» de corail rouge «en fleur».


De belles éponges, axinelles jaunes, semblent colonisées à leur base par des bryozoaires ; c’est la première fois que j’observe ce genre d’invasion !


Sur les gorgones oranges, un nudibranche a déposé sa ponte.


C'est peut-être une ponte de flabelline ; cette doris dalmatienne décolorée n’a pas ce type de ponte, la sienne ressemble à un ruban en spirale.


Nous remontons bientôt dans la zone des 12m... La plongée se termine déjà.


Nous rejouons au lancer de parachute. Je me sens un peu trop léger pour cet exercice, je manque de lest et je dois palmer vers le bas de temps en temps. Mais trois parachutes flottent bientôt au-dessus de nous. Mais comme nous restons proches les uns des autres, les trois parachutes finissent par s’emmêler en surface !

Nous remontons ensuite tranquillement sur l’ «immaculada», le mouillage est plus abrité que le matin.
Voilà une belle journée de formation qui se termine ; merci au soleil catalan, j’ai pris quelques rougeurs sur le nez...
Qui a dit que c’était à cause du rosé qui accompagnait la paella ?

*****

Solutions aux petites énigmes :
il y a 4 doris dalmatiennes ; cherchez bien, il y en a une à droite dans l’ombre et une minuscule en haut au milieu !
il y a 2 planaires roses ; le second est caché en partie par les algues à gauche du premier bien visible.
il y a 2 flabellines mauves ; la seconde est minuscule, un peu au-dessus de la grande.

29/01/2012

Des frissons dans l’étang

C’était un samedi un peu frais, un peu venteux, un peu hivernal. Binômette était prête et moi j’étais en retard comme souvent.
Voilà voilà... On y va, je te suis, mais à côté de toi !


L’ambiance est un peu verte, mais bien moins qu’en été, quand l’étang de Thau prend sa couleur menthe à l’eau.

Nous ne savions pas encore quelles aventures terribles nous attendaient. Car la plongée commença tranquillement, à admirer les bouquets «fleuris» de spirographes que je ne pouvais pas cueillir et offrir à binômette.


L’ambiance devint un peu moins bucolique quand nous rejoignîmes les premières épaves de voitures.


De celles que je connaissais par une plongée faite l’an passé, il ne restait plus grand chose, car elles s’étaient enfouies dans la vase mouvante. Et d’autres véhicules leur avaient succédé.

Mais j’oubliais vite cet univers de dépotoir cauchemardesque pour me reporter sur la vie magnifique de ce site. Même en cette saison, c’était un régal pour les yeux.

Il y avait les belles doris marbrées qui se mélangeait aux salades marines...


... Ou bien qui goutaient les sacs plastiques ; est-ce bien meilleur que la salade ?


Et les nasses réticulées avec leur petite trompe d’éléphant, escaladant les salades aussi...


... ou bien errant au milieu des sables mouvants, entre deux salades !


Et il y avait binômette, qui me surveillait, pour que je ne remue pas trop la vase avec mes palmes !


Et puis il y avait de minuscules étoiles de mer immobiles, faciles à photographier.


Les petites élysies me paraissaient bien dodues ; la salade leur profite bien !


Nous nagions palmes en l’air...


... dans le style inimitable de la grenouille...


Tout va bien ?


Mais nous continuions, à la recherche des autres beautés de l’étang. La plongée ne faisait que commencer, et nous étions à mille lieues de prévoir ce qui allait arriver...


Par exemple, les bouquets de milliers de clavelines brillaient sous les feux de nos lampes.


Nous rencontrâmes alors un nudibranche flamboyant, qui ressemblait un peu aux godives oranges, avec des teintes plus pastels merveilleuses.


Il avançait assez rapidement, en balançant ses deux antennes, en faisant onduler sa toison d’or.

Mais à peine quelques mètres plus loin, un autre spécimen semblait prendre la même direction...


Nous continuâmes quand même notre promenade, à contre-sens de la marche des nudibranches. SI nous avions su...

Mais binômette aperçut un beau petit hippocampe enlacé autour d’un ancien spirographe. Voilà un beau sujet pour sa caméra !


Mais le petit hippocampe ne fut pas coopératif et il piqua du nez dans la vase !

Nous continuâmes, tranquillement, dans quelques mètres d’eau, notre ballade hivernale.


Un autre nudibranche flamboyant se hâtait pour une raison qui nous dépassait.


Pas si vite, je veux prendre une photo !

Celui-là allait un peu moins vite, et le fond de vase était bien dégagé, parfait pour la photo !


J’admirais comment la nature reprenait le dessus, et c’était un peu d’espoir au milieu de ces déchets humains.


Mais soudain, je me trouvai face à un monstre informe plein de pattes et de pinces ! Etait-ce lui que fuyaient les petits nudibranches ?


Ne cherchant pas la bagarre, je voulus le contourner, mais il ne me laissait pas passer !


Et c’est ainsi que je fus dévoré par l’araignée géante de l’étang de Thau.

Amis plongeurs, méfiez-vous des prédateurs tapis dans la vase de l’étang !

20/01/2012

À la péniche

Les Dauphins Catalans sont prêts pour les sports d’hiver. Nous voilà partis de Saint-Cyprien pour une épave peu commune ; du moins en ce qui me concerne, ce sera une première. La température extérieure est fraîche en ce début de matinée : près de 0°... Le pont du bateau est même recouvert d’une fine couche de glace.




La sortie du port révèle une mer calme d’un bleu profond, avec une toute petite houle, juste assez pour bercer notre pilote Rodolphe durant la longue attente de la remontée des palanquées.


Je suis tout excité à la perspective de plonger sur le site de la péniche ; site que je pensais connaître, et puis lors du briefing je m’aperçois qu’il s’agit d’un site nouveau pour moi.

J’ai le plaisir de plonger avec Hervé et Catherine ; nous trois formons une palanquée multimédia : Hervé a un appareil photo, Catherine une caméra vidéo, et moi un appareil photo à la main et une petite caméra vidéo vissée sur la tête. Enfin, pas vraiment vissée, ça ferait bobo.

Rodolphe jette une gueuse à l’eau afin de repérer le site ; nous partons presque les derniers, l’eau à 13° paraît agréablement tiède. Il y a un faible courant qui ne nous oblige pas à nous agripper à la gueuse. Nous atterrissons après une lente descente sur un fond de vase... La visibilité est moyenne, l’eau est verte, mais on ne peut pas être trop exigeant en ce mois de janvier ; une forme sombre apparaît non loin, et Hervé nous y mène d’une palme sûre.




C’est une structure formée de barres verticales et horizontales, d’environ 4 m de hauteur et de largeur, du double en longueur ; elle est recouverte de concrétions, de nombreuses éponges, et il est difficile de dire ce qu’il y a en dessous... Du béton ?


Au fond, il n’y a presque plus de courant ; un petit filet couvre une partie de la structure. Une belle godive orange se pavane et attire notre attention.



Je me rapproche un peu, en faisant attention au filet ; si j’y touche, la godive va valser !



Les autres plongeurs sont invisibles ; ils ont dû partir sur l’autre structure ou sur l’épave. Je commence à explorer les recoins de ce mini site. Un amoncellement de coquilles vides trahit la présence d’un poulpe timide.


Sous une poutre, une ponte se balance doucement dans les flots.


Une ponte de ? poulpe ? non ! Seiche ? non ! Calmar ? Oui ! Mais pas de calmar en vue... Ce sont des visiteurs plutôt nocturnes.

Mais Super-Catherine a déniché une autre godive orange, qui joue à l’équilibriste.



Elle est aussi belle que la précédente.



J’en vois partout autour de moi...



Celle-là fait la causette à une petite rascasse : mais d’où sortent toutes ces bulles ?



La blennie boudeuse me tourne le dos, mais sa copine la godive n’est pas aussi timorée.



Hervé nous guide ensuite vers la seconde structure, qu’on devine presque depuis la première. Tout aussi fantomatique, elle ressemble beaucoup à la première.



Une petite rascasse s’y prélasse aussi.



Ah ben non, elle est déjà partie !
D’autres nudibranches se laissent photographier, ils n’ont pas le temps de fuir comme la rascasse. Voilà une flabelline mauve pour commencer le festival.



Et puis deux flabellines d’Ischia





Mais mes sujets photographiques préférés sont les petites blennies ; voilà la concierge de ce microcosme, nichée dans une huître.


Mais le temps passe vite, voilà déjà 32 mn que nous sommes là à admirer godives, flabellines et blennies. Hervé nous indique la direction de la troisième zone du site, celle où il y aurait des congres monstrueux à en rêver la nuit... Mais nos ordinateurs affichent déjà 9 mn de paliers ; nous décidons de remonter, nous reviendrons une autre fois chatouiller les congres.

Nous ne cherchons pas la gueuse, et remontons en pleine eau. Catherine a replié le double éclairage de sa caméra.


Mais Hervé vérifie ses flashs...


Il a été décidé en surface que j'aurais l'honneur de lancer le parachute de signalisation ; on va essayer de ne pas s’emmêler les ficelles : celle du phare de plongée, celle de l’appareil photo, et celle du parachute ! Hervé voudrait m'immortaliser embobiné ?


Voilà...
On n’a plus qu’à patienter, en admirant les rayons du soleil hivernal à travers le filtre des vagues. On sent de nouveau le courant qui doit nous faire dériver... Va-t-on ressortir à plusieurs km de la côte ?


Non, car le bateau nous a suivis, car nous étions les derniers. Qui a dit «comme toujours ?»

Pour finir, je vous propose un petit jeu ; sans relire cette histoire, pouvez-vous me dire combien de godives oranges ont été photographiées ?
Si comme moi vous ne pouvez pas, c’est que vous êtes aussi narcosés en surface. Vivement qu’on retourne à l’eau !